Tu es si fine                            

Tu es une ombre

Tu te glisses

Partout

Contre les murs

Sous les portes

Par delà

Les barbelés

Les frontières

Fines

Là-haut

On t’a dit

C’est si beau

C’est le passeur

Qui parle

Il a levé son index

Devant tes yeux

Et il trace

Dans ta chambre

Un palais

Alors toi

Petite

Tu as fermé les yeux

Et tu t’es mise à rêver

A croire

Que le soleil existe

Et que tu vas finir

D’être une ombre

Alors tu t’es vêtue de vent

Un jour petit fantôme

Seulement deux yeux vers le loin

Et puis tu as

Disparu

Dans la grande ombre

Souple et sombre

Du passeur

Burkina Faso - 2002